AI Act et organismes de formation : ce qui change en 2026
Par Julien Rayes · · 5 min de lecture
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Pour la quasi-totalité des organismes de formation, l’AI Act ne change presque rien : utiliser Claude ou ChatGPT pour rédiger un support relève des catégories « risque limité » ou « risque minimal », et n’impose qu’une obligation de transparence. Le vrai point de vigilance est ailleurs : dès qu’une IA participe à l’évaluation des apprenants, l’usage bascule en « haut risque » et déclenche des obligations strictes. Cet article dit où passe la frontière et ce que vous devez faire selon que vous utilisez un outil du marché, un LMS avec IA intégrée, ou votre propre outil.
Pour les organismes de formation, cela soulève des questions concrètes : est-ce que je suis concerné ? Ai-je des obligations ? Que risque-t-on si on n’est pas conforme ?
Cet article vous donne une lecture claire, sans jargon juridique excessif.
Pour des exemples concrets d’usage de Claude déjà conformes à ces règles, voir nos 5 cas d’usage de Claude pour piloter un organisme de formation.
Ce qu’est l’AI Act en 30 secondes
L’AI Act classe les systèmes d’IA en 4 catégories selon le niveau de risque qu’ils présentent :
| Niveau | Exemples | Régime |
|---|---|---|
| Inacceptable | Notation sociale, manipulation subliminale | Interdit |
| Haut risque | Évaluation scolaire, recrutement, crédit | Obligations strictes |
| Limité | Chatbots, deepfakes | Obligation de transparence |
| Minimal | Filtres spam, recommandations de contenu | Aucune obligation spécifique |
La grande majorité des usages IA dans les organismes de formation relèvent des catégories “limité” ou “minimal”. Mais certains cas tombent dans la zone “haut risque” — et c’est là qu’il faut être vigilant.
Les usages IA à haut risque pour les organismes de formation
L’annexe III de l’AI Act liste les systèmes d’IA à haut risque. Dans le domaine éducatif, sont explicitement mentionnés :
Les systèmes d’IA utilisés pour :
- Évaluer les acquis des apprenants de manière automatisée (notation automatique)
- Détecter des comportements à risque chez les apprenants (décrochage, triche)
- Décider de l’accès ou de l’exclusion d’un apprenant d’un programme
Ce qui n’est PAS à haut risque :
- Utiliser ChatGPT ou Claude pour rédiger des supports de cours
- Automatiser les convocations et attestations
- Utiliser un chatbot pour répondre aux questions des stagiaires
- Personnaliser des recommandations de contenu
La règle pratique : dès que l’IA prend ou influence une décision qui impacte significativement un apprenant (son évaluation, son accès à une certification, sa progression), vous êtes potentiellement en zone haut risque.
C’est en particulier le cas de l’évaluation automatisée des apprenants : voir notre article Évaluer les apprenants avec l’IA pour la partie qui doit rester supervisée par un formateur.
Obligations concrètes selon votre situation
Si vous utilisez des outils IA “prêts à l’emploi” (ChatGPT, Claude, Copilot…)
Vous êtes utilisateur d’un système IA, pas développeur. Vos obligations sont légères :
- Transparence : informer vos apprenants si du contenu généré par IA leur est présenté directement
- Supervision humaine : vous restez responsable de ce que produit l’IA — un formateur doit relire et valider
- Pas de délégation aveugle : vous ne pouvez pas laisser l’IA décider seule d’une notation ou d’un refus d’accès
Si vous utilisez un LMS avec des fonctionnalités IA intégrées
Posez ces questions à votre fournisseur :
- Est-ce que votre système d’IA est classé “haut risque” selon l’AI Act ?
- Avez-vous réalisé une évaluation de conformité ?
- Disposez-vous d’une documentation technique (article 11) ?
Les fournisseurs de LMS sérieux doivent pouvoir répondre à ces questions d’ici fin 2026.
Si vous développez vos propres outils IA
Si vous faites développer une application IA sur mesure (par un prestataire ou en interne), vous êtes déployeur voire fournisseur. Les obligations sont substantielles : évaluation de conformité, documentation technique, enregistrement dans la base de données européenne pour les systèmes haut risque.
Les obligations de transparence qui vous concernent déjà
Indépendamment du niveau de risque, l’AI Act impose des obligations de transparence dès qu’un apprenant interagit avec un système IA :
-
Identifier les chatbots : si vous utilisez un chatbot IA pour répondre aux apprenants, vous devez l’indiquer clairement (pas de “Bonjour, je suis Sophie” sans préciser que c’est un bot).
-
Signaler les contenus générés : si vous envoyez des emails ou documents entièrement générés par IA, une mention est recommandée (et pourrait devenir obligatoire selon les textes d’application).
-
Deepfakes et contenu synthétique : si vous utilisez des avatars IA ou des voix synthétiques dans vos formations, c’est obligatoire.
Ce que vous devez faire maintenant
Audit rapide de vos usages IA (15 minutes)
Faites l’inventaire de tous les outils IA que vous utilisez ou envisagez. Pour chacun, posez-vous : “Est-ce que cet outil prend ou influence des décisions qui affectent un apprenant ?”
| Outil | Usage | Niveau de risque estimé | Action |
|---|---|---|---|
| ChatGPT | Rédaction supports | Minimal | Rien |
| LMS avec notation auto | Évaluation | Haut risque possible | Vérifier auprès du fournisseur |
| Chatbot stagiaires | Support | Limité | Mention “bot” dans l’interface |
Mettre à jour votre politique de confidentialité
Vos apprenants doivent être informés de l’usage que vous faites de l’IA, notamment si leurs données sont utilisées pour entraîner ou alimenter des modèles. Faites réviser votre politique RGPD pour inclure les mentions IA.
Former vos équipes
La conformité AI Act repose sur des humains qui comprennent ce qu’ils font. Une demi-journée de sensibilisation pour vos formateurs et votre responsable pédagogique suffit à couvrir l’essentiel.
Structurer ces usages dans la durée, c’est justement l’objet de notre service d’intégration de l’IA.
Ce qui change en 2026 et au-delà
- Février 2025 : interdiction des usages à risque inacceptable (déjà en vigueur)
- Août 2025 : obligations pour les modèles d’IA à usage général (GPT-4, Claude, etc.)
- Août 2026 : pleine application pour les systèmes haut risque
- 2027 : extension aux systèmes IA embarqués dans des produits réglementés
La tendance est claire : le cadre se resserre progressivement. Mieux vaut anticiper que corriger.
Ce que fait Claude Agency
Nous accompagnons les organismes de formation dans la mise en conformité AI Act : audit de vos usages IA actuels, recommandations pratiques, mise à jour documentaire et formation de vos équipes. Prenez rendez-vous pour un premier échange.
Pour aller plus loin
- Données stagiaires, RGPD et IA — l’autre cadre réglementaire à maîtriser en parallèle de l’AI Act.
- Guide Qualiopi complet — intégrer la conformité AI Act dans votre démarche Qualiopi globale.
- Intégrer l’IA dans votre organisme de formation — déployer l’IA en tenant compte de l’AI Act dès le départ.
- Audit IA et diagnostic — faire le point sur vos usages IA et leur conformité avant d’aller plus loin.
Ressource gratuite
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